INSTALLATION MONUMENTALE

 

AKAA – Also Known As Africa célèbre la créativité en proposant un espace d’exposition monumental dans la nef centrale du Carreau du Temple.
En 2018, c’est l’artiste cubaine Susana Pilar, représentée par la GALLERIA CONTINUA, San Gimignano / Beijing / Les Moulins / Habana et mécène de ce projet monumental, qui investit la nef centrale.

La reconstruction d’un portrait de famille

Le travail de l’artiste cubaine Susana Pilar porte un grand intérêt sur son passé et son histoire. A partir de son expérience la plus individuelle, elle se penche sur des sujets comme le corps, le genre, l’ethnicité et les problèmes sociaux. Susana réalise des projets transdisciplinaires à l’aide des mediums très diverses comme la vidéo, le photographie ou les nouveaux médias, ainsi que l’écriture et les installations sonores.

Susana Pilar, dans les œuvres de la série «Lo que contaba la abuela… » (Ce que mamie racontait…) qui composent l’installation conçue spécialement pour l’édition d’AKAA 2018, révèle précisément l’histoire de sa famille et notamment ses racines sino-africaines, des sujets qui marquent profondément son travail : la femme noire et la conscience personnelle. Les sept caissons lumineux avec des photos des femmes de sa famille élargies à la taille de l’artiste, permettent de les récupérer de l’oubli et de les mettre en relations les unes avec les autres à la manière d’un album de famille, où chaque femme a une immensité de choses à raconter. Elle reproduit les portraits de son arrière-grand-mère, sa grand-mère, ses deux grandes tantes, sa mère, sa sœur et elle-même. Toute la série est présentée dans sa totalité pour la première fois et dans un display conçu spécifiquement pour cet espace. Là, grâce à un jeu de miroirs, l’artiste transmet justement ce désir de générer une polysémie de sens et surtout d’intégrer le public dans le discours de la pièce.

Avec ce travail, elle nous montre la suite d’une recherche très intime. A travers l’histoire de ses ancêtres femmes, elle construit une enquête et fouille dans son passé à la recherche de son ancêtre (masculin) chinois, arrivé à Cuba à la fin du XIXe siècle. Ces fragments d’histoires perdues nous conduisent à imaginer, au travers des époques différentes, les histoires de chaque membre de la famille, à l’aide d’une sorte de reconstitution d’un code génétique photographique qui nous dévoile les racines de l’artiste, mises en évidence à travers des images en noir et blanc et concentrant l’attention du visiteur sur le regard profond de chaque femme qui a façonné l’histoire de Susana.

Laura Salas Redondo
Commissaire d’exposition