Enigma#55 – Je suis la seule femme de ma vie – Courtesy l’Agence à Paris – est une installation monumentale créée par Bili Bidjocka et produite par la seconde édition d’AKAA.

 « Les œuvres de Bili Bidjocka ne manquent jamais dune dimension littéraire et philosophique. Ce sont toujours des propositions ouvertes dont il serait vain de parler comme on parle dun travail strictement plastique. Enigma #55 participe pleinement de cette quête personnelle dans laquelle le spectateur est laissé libre de se construire sa propre histoire. Comme son titre lindique, il sagit, comme dans les contes anciens, dune énigme dont  l’énoncé pourrait se nicher dans cette femme étrange qui serait la seule de la vie de lartiste. Et pour nous aider, comme en face du sphinx, à fabriquer notre propre fiction, lauteur nous offre quelques indices qui nen sont pas vraiment : un pédiluve, avec son eau étale dont la surface ne nous renvoie, tels de pauvres narcisses, que le pâle reflet de nous-mêmes ; il y a des robes qui flottent dans un temps suspendu et cet espace qui, au cœur du bouillonnement dune foire, invite à sarrêter un instant, à briser le cours du temps pour laisser place à la lenteur et à la méditation. Cest au morceau de poésie, une interrogation qui nattend pas de réponse, mais dont le secret réside précisément dans la question qui nest pas posée. Cette question est nôtre. Nous devons la découvrir dans la solitude de nos êtres avant que de pouvoir la partager, comme dans un processus initiatique qui se déroulerait sans intermédiaire, faisant de nous, à la fois lofficiant et limpétrant. Cette femme à laquelle il est fait allusion existe-t-elle vraiment ? Figura-t-elle un idéal féminin inaccessible ou bien peut-elle se muer en la métaphore dune pensée qui nous accompagnerait tout au long de nos vies ? Peut-être suis-je en possession de la réponse à cette question éternelle. Mais il ne ma pas été donné le pouvoir de la divulguer. Jai fait, afin de pouvoir accéder au mystère, vœu de silence.  À chacun de trouver la réponse qui lui conviendra le mieux. »
Simon Namji