The Tears of Bananaman – Jean-François Boclé – Maëlle Galerie

La banane reste aujourd’hui l’icône d’un ailleurs exoticisé et fantasmé, comme elle nous renvoie à la figure d’une altérité radicale. Le fruit nous dit l’impossible, et pourtant nécessaire, fluidité entre endogène et exogène.

Dans Cent ans de solitude, Gabriel Garcia Marquez revient sur l’un des hauts faits de la United Fruit Company et du capitalisme, le massacre des bananeraies (Masacre de las bananeras), perpétré par l’armée colombienne à la demande de l’United Fruit Company en 1928. Près de 1000 ouvriers agricoles syndiqués sont massacrés à Ciénaga, dans la région de Santa Marta (côte caribéenne de la Colombie). 

Ce fut le déclencheur dans le roman de Marquez des pluies, qui durèrent quatre ans, onze mois et deux jours, qui condamnèrent le village fictif de Mocondo. Un Déluge, comme une réponse face à l’avidité humaine, face à un homme qui s’érige au sommet de la chaîne alimentaire du vivant.

Ici débarqué d’un Cargo-Bananier le fruit nourricier, et de l’autre côté de l’Atlantique, les îles poubelles, les toxiques paradis. Ces starlettes warholienne nous apparaissent dans leur bipolarité : jaune immaculé, insouciant et oublieux, sourires débridés, exotisme à croquer, elles nous apparaissent également parcourues d’un entrelacs de lignes et de taches noires révélant des peaux blessées, scarifiées, des corps repliés ou putréfiés.

The Tears of Bananaman (2009, ongoing), 300 kg de bananes scarifiées de mots mis à pourrir pendant la durée de l’exposition – met en tension paradis et toxique, exotique et inquiétude, vivant et impuissance. The Tears of Bananaman pose la question de la part toxique de l’homme, comme elle pose la question de l’atteinte.

Invitation spéciale du public, pour une performance participative
Rendez-vous le dimanche 12 novembre à 17h00 sur le stand de la Maëlle Galerie (B18). L’artiste Jean-François Boclé propose de cannibaliser le Bananaman.
Le public se vera remettre les bananes par l’artiste et sera invité à engloutir intégralement la sculpture.
L’anthropophagie est du côté de la ré-appropriation et du « laisser traverser ». Dévorer le Bananaman, c’est ingérer notre contemporanéité toujours marquée par la violence et la dystopie.
Le mot cannibale est à l’étymologie de la Caraïbe. L’Europe conquistador construisit la figure fantasmatique de l’anthropophage : Caniba, Cariba, Caribe, Caraïbe.

Maëlle Galerie
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75020 Paris
France
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