By Lara Sedbon
Vernissage de l’exposition Au commencement de Midegbeyan Ojisua
« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. (…) Alors Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant ». Comme un souffle venu de loin et traversant les continents, les mots de la Genèse se font entendre dans le travail de Midegbeyan Ojisua. Au regard de ses peintures, la terre – sa texture, sa carnation, sa matérialité – , semble être l’unique sujet. Celui qui fait émerger la figure, comme si elle sortait d’une fragile chrysalide éclatée. Quelque chose de l’émergence de la vie se manifeste sans ambages. Il en est d’une peinture de Midegbeyan comme d’un jour de création voyant naitre l’apparition délicate d’une figure, se frayant un chemin à travers la peinture-terre. Le jeu constant entre les contraires, la suspension du cadre spatio-temporel et la profondeur atmosphérique de la lumière font émerger chez le spectateur un état de latence, mélancolique parfois ou tout simplement rêveur. Le songe s’installe et l’esprit voyage.